Kosmopolitique // Billet d’humeur // Cher Mr Obama

Cher Mr Obama,

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C’est l’automne, et c’est la guerre, qui est repartie de plus belle entre Israël et la bande de Gaza. Respect des traditions, réflexe pavlovien, urgence politique, nécessité militaire, bref, comme d’habitude, c’est la guerre. Une guerre triste -si tant est qu’il existe des guerres joyeuses- puisqu’elle n’est en réalité ni défensive, ni offensive, ni préventive, ce n’est pas une guerre de libération. En effet, il n’en résultera qu’un approfondissement de la plaie, qu’une aggravation du conflit, qu’une accumulation de nouveaux griefs entre les belligérants. On ne peut donc rien en attendre de bon. C’est une guerre, une sale guerre, une horreur supplémentaire à mettre au passif de notre humanité idiote. Vu d’ici, il ne reste qu’à compter les morts, tant ce ne sont pas de quelconques manifestations pacifistes qui calmeront les belligérants.

Les choses se présentent assez mal. Israël après avoir effectué des frappes ciblées mobilise des réservistes, laissant présager une intervention terrestre. Le Hamas vient d’annoncer dans un communiqué des « surprises ». Après avoir envoyé des roquettes sur Jérusalem et Tel Aviv, de quoi peut-il bien s’agir ? L’Égypte aura du mal à assurer son rôle habituel de médiateur tant le représentant des Frères Musulmans, Mohamed Morsi, qui dirige l’État égyptien ne peut pas prendre une position neutre sans perdre la face vis-à-vis de ses troupes. Il sera donc tenu de revendiquer une position pro-Hamas.

On en vient à regretter l’inexistence d’une autorité mondiale, d’une puissance dont la simple existence dissuade de faire d’inutiles abominations. Si l’on s’en tient à l’objectif militaire affiché par Israël, l’absurdité de cette guerre saute aux yeux. Si le renseignement aérien est insuffisant pour repérer les caches d’armes, alors seule une intervention terrestre permettra   de repérer et de détruire ces armes qui menacent Israël. Certes, mais n’est-ce pas le meilleur moyen de les faire décoller en direction de l’État hébreu ? N’est-ce pas donner un prétexte idéal au Hamas pour utiliser ces armes plutôt que de les voir aux mains de l’ennemi ? Ces armes n’attendront pas qu’on les repères, elles s’envoleront pour faire des morts un peu plus loin, la dernière guerre contre le Hezbollah a d’ailleurs démontré la difficulté extrême d’une action d’éradication face à ce type d’action militaire.

Et donc nous voilà à la question cruciale : à quoi sert la puissance, votre puissance ? Votre puissance militaire, économique et politique, cher Mr Obama, ne doit-elle servir que des intérêts particuliers, doit-elle être subordonnée à des conflits d’intérêt interne, à des luttes de lobbys ? Vous êtes comme un Gandalf le Blanc qui limiterait l’usage de sa magie à la fertilité de ses champs, de sa femme, à prospérité personnelle et qui n’utiliserait son beau bâton magique que pour faire sa cuisine. Lorsque une puissance comme la puissance américaine existe, ne peut-on espérer que sa simple présence réduise la possibilité de guerres absurdes ? Foutredieu, qu’on se serve de cette puissance, que votre joujou magnifique serve enfin à quelque chose, qu’on leur impose la paix ! A l’évidence, ces deux systèmes sociaux ne sont plus capables de la construire, et avant que cette guerre ne dégénère réellement en conflit régional atroce, privons les de dessert, sonnons la fin de la curée, stop, halte au feu, sortons ces peuples de leur apnée guerrière. Doit-on admettre ce principe d’irresponsabilité ? A ce niveau d’enkystement dans la guerre, une intervention pour stopper le conflit ne relèverait pas du droit d’ingérence mais du miraclen d’un sourire dans l’âme imaginaire de l’humanité, d’une sublime blague, d’un coup du sort inespéré, bref c’est absolument impossible et c’est pour ça qu’il faut le faire.

Les causes de cette guerre sont trop nombreuses pour que les belligérants eux-mêmes trouvent des solutions de paix. Le Hamas s’est construit autour de la négation de la légitimité de l’existence même d’Israël ; Mahmoud Abbas souhaitait d’ici la fin du mois faire une demande afin d’être reconnu comme un état non-membre de l’ONU. Benjamin Nethanyahou avait misé sur une victoire de Mitt Romney. L’Iran arme le Hamas. Les USA soutiennent l’action d’Israël. Il y a de prochaines élections en Israël. Ce même pays se sent pris en étau entre le Hamas, le Hezbollah et la puissance iranienne. Le conflit israélo-palestinien ressemble à une pelote inextricable, à un nœud gordien que seul un nouveau conquérant de passage pourra trancher. Qui est le magicien qui fera ces peuples de leur apnée, du cœur de leur conflit où la paix ne semble plus être une option désirable (et d’abord, quelle paix, et à quel prix diront légitimement les deux forces en présence).

Cher ami, cher camarade, Mr Obama, veux-tu bien faire ce miracle que tu ne feras pas ?

Hop. Courage ! C’est assez ! Es ist genug ! Mr Obama bleibet meine freude !

Demeure chaste et pur,

AD.

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Une réponse à “Kosmopolitique // Billet d’humeur // Cher Mr Obama”

  1. Fritz Grossewurzt
    16 novembre 2012 à 18 h 25 min #

    Ach so ! Was meinst du denn da ?!

    Ché né gombrand pas biun ze ke tou a écri là !

    War es « mein Freind » ?

    Tchuss ! Dein Freund Fritz

Répondre à Fritz Grossewurzt

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