Kosmolitt// Microfiction // Bobby .J. Bob rue des Quatre vents

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Arf, ici Bobby .J. Bob en direct de la rue des Quatre Vents, à Paris, juste à côté d’un bar canadien positivement lamentable. Mon reportage du jour est une enquête sur une vieille tradition parisienne qui perdure et comme disait le père d’Achille Talon (Alambic Dieudonné Corydon pour les analphabètes) :  »la tradition, c’est la mort du conformisme que j’exècre ». Eh bien, cher Alambic Dieudonné Corydon, voilà une tradition qui devrait te plaire : le piano-bar républicain, laïque, public et obligatoire.

piano_bar_jnadeau Bobby .J. Bob dans Kosmolitt

Toujours rue des Quatre Vents, il y a un rade caché dont rien n’indique la présence, la facade est blanche, neutre, terne, et l’on ne voit pas l’intérieur. Une fois la porte passée, on tombe sur un petit décors mi-saloon, mi-salon bourgeois du dix-neuvième. Evidemment, au fond, il y a un piano. Le champagne y est littéralement hors de prix mais il donne envie d’embrasser la terre entière alors, bon, on en boit quand même. C’est dans ce mystère parisien que se tient la réunion mensuelle de notre guilde des chiens exemplaires parisiens. On y trouve, dans ces jours vigoureux, Yopi la Bourboule et Gina-Grasse, respectivement psychanalyste chien et obésité sur patte, la Baronne Lili, chienne de distinction, préciosité ambulante et bijou de notre guilde, Waldemar le poète, Heigmar notre Danois génat, Aminata notre doberman nain qui est aussi reporter-chien, Kyria-Eleison exemplaire unique de muse-gourou, moi-même votre serviteur et deux chats que nous tolérons, Elizabeth et Belzebuth, parce qu’ils sont sympathiques et qu’ils ont l’étrange talents de se changer en oiseaux quand ils en ont marre. Cela fait souvent de belles fins de soirée. Sauf qu’il faut le rendre le petit chat en porcelaine qu’ils prennent pour leur enfant, qu’ils emmenent partout et qu’ils oublient à chaque fois.

litteralement kosmolitt

Un piano-bar qui prend littéralement pour un bar. J’en pouffe encore.

Notre dernière réunion fut troublée parla présence d’une bande composite et non canine. Autant vous dire qu’ils nous regardaient d’un air méfiant. Pour des non-initiés, une assemblée de la guilde canine des chiens exemplaires de Paris a quelque chose de troublant. Quelques coupes de l’amitié y ont remédié. Il y avait là quatre ou cinq jeune militaires et deux pseudo-employés de la Société Générale, un homosexuel militant et un sud-africain au fort accent toulousain, avec des broches dans l’épaule et qui avec la régularité d’un coucou, poussait si loin l’amitié avec un des convives que ce dernier lui tapait sur l’épaule, suite à quoi, notre sud africain du sud ouest le menaçait de l’écorcher vif. Tout cela est bien folklorique mais nous risquerions de manquer notre point. Nous avons du adopter un registre de piano-bar pour pouvoir unir nos voix. Ils ne connaissaient pas l’hymne des chiens exemplaires ; nous ne connaissions pas « Et on s’en fout d’attrapper la vérole » (c’est pas vrai, Yopi et moi la connaissions mais on ne pouvait chanter des choses aussi vulgaires devant la baronne Lili.

Et où croyez-vous que la tradition nous entraîna comme par la main, main qu’elle a au demeurant ferme et velouté, ahlala, j’en tremble encore. Le chant du départ et Gloire aux soldats du Dix-septième. Dont je vous livre ici les paroles :

Gloire au 17e

Légitim’ était votre colère,
Le refus était un grand devoir.
On ne doit pas tuer ses père et mère,
Pour les grands qui sont au pouvoir.
Soldats, votre conscience est nette :
On n’se tue pas entre Français ;
Refusant d’rougir vos baïonnettes
Petit soldats, oui, vous avez bien fait !

Refrain
Salut, salut à vous,
Braves soldats du 17ème ;
Salut, braves pioupious,
Chacun vous admire et vous aime ;
Salut, salut à vous,
A votre geste magnifique ;
Vous auriez, en
tirant sur nous,
Assassiné la République.

Comm’ les autres vous aimez la France,

J’en suis sûr même vous l’aimez bien.
Mais sous votre pantalon garance,
Vous êtes restés des citoyens.
La patrie, c’est d’abord sa mère,
Cell’ qui vous a donné le sein,
Et vaut mieux même aller aux galères,
Que d’accepter d’être son assassin.

Espérons qu’un jour viendra en France,
Où la paix, la concorde régnera.
Ayons tous au cœur cette espérance
Que bientôt ce grand jour viendra.
Vous avez j’té la premièr’ graine
Dans le sillon d’ l’Humanité.
La récolte sera prochaine,
Et ce jour là, vous serez tous fêtés.

Le chant du départ

Un député du Peuple

La victoire en chantant nous ouvre la barrière.

La Liberté guide nos pas.
Et du nord au midi, la trompette guerrière
A sonné l’heure des combats.
Tremblez, ennemis de la France,
Rois ivres de sang et d’orgueil !
Le Peuple souverain s’avance ;
Tyrans descendez au cercueil.

Chant des guerriers (Refrain)
La République nous appelle
Sachons vaincre ou sachons périr
Un Français doit vivre pour elle
Pour elle un Français doit mourir.

Une mère de famille
De nos yeux maternels ne craignez pas les larmes :
Loin de nous de lâches douleurs !
Nous devons triompher quand vous prenez les armes :
C’est aux rois à verser des pleurs.
Nous vous avons donné la vie,
Guerriers, elle n’est plus à vous ;
Tous vos jours sont à la patrie :
Elle est votre mère avant nous.
(Refrain)

Deux vieillards
Que le fer paternel arme la main des braves ;
Songez à nous au champ de Mars ;
Consacrez dans le sang des rois et des esclaves
Le fer béni par vos vieillards ;
Et, rapportant sous la chaumière
Des blessures et des vertus,
Venez fermer notre paupière
Quand les tyrans ne seront plus.
(Refrain)

Un enfant
De Bara, de Viala le sort nous fait envie ;
Ils sont morts, mais ils ont vaincu.
Le lâche accablé d’ans n’a point connu la vie :
Qui meurt pour le peuple a vécu.
Vous êtes vaillants, nous le sommes :
Guidez-nous contre les tyrans ;
Les républicains sont des hommes,
Les esclaves sont des enfants.
(Refrain)

Une épouse
Partez, vaillants époux ; les combats sont vos fêtes ;
Partez, modèles des guerriers ;
Nous cueillerons des fleurs pour en ceindre vos têtes :
Nos mains tresseront vos lauriers.
Et, si le temple de mémoire
S’ouvrait à vos mânes vainqueurs,
Nos voix chanteront votre gloire,
Nos flancs porteront vos vengeurs.
(Refrain)

Une jeune fille
Et nous, sœurs des héros, nous qui de l’hyménée
Ignorons les aimables nœuds ;
Si, pour s’unir un jour à notre destinée,
Les citoyens forment des vœux,
Qu’ils reviennent dans nos murailles
Beaux de gloire et de liberté,
Et que leur sang, dans les batailles,
Ait coulé pour l’égalité.
(Refrain)

Trois guerriers
Sur le fer devant Dieu, nous jurons à nos pères,
À nos épouses, à nos sœurs,
À nos représentants, à nos fils, à nos mères,
D’anéantir les oppresseurs :
En tous lieux, dans la nuit profonde,
Plongeant l’infâme royauté,
Les Français donneront au monde
Et la paix et la liberté.
(Refrain)

piano-bar-1 Le chant du départ

Un autre piano-bar se prenant au mot, mais peut-être un peu moins que le précédent.

Par le chien quel drôle de mélange. Une horde de chiens hirsutes -quoique magnifiques- chantant avec des militaires et autres passants louches mais charismatiques une chanson glorifiant la désobéissance et une autre invitant fermement à mourir pour la République.

Comme je le disais plus haut, et rendons pour cela, une fois encore, un hommage appuyé à Papa Talon, la tradition, c’est vraiment la mort du conformisme.

C’était Bobby .J. Bob en direct d’un recoin secret de la rue des Quatre-Vents où il y a un piano bar où non, non, non, Saint éloi n’est pas mort car on chante encore, car on chante encore, avec, avec un femme, sous les roses (ou plus précisément sous les rô-ô-ôseuh).

AD.

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