Micro-Fictions

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Bobby .J. Bob rencontre Yopi la Bourboule

Yopi : Ouah, un cul. Un cul formidable. Tout nu cul tout neuf pour moi, Il est formidable, il tortille, il recule, il tremble, il s’offre à moi. Mais, il n’est pas seul, je sens le froid d’une truffe dans mon propre derrière.  Est-ce mon cul, est-ce ma truffe, à le doute m’étreint… Quel trouble !

Bobby : Ben, c’est ma truffe et ton cul d’un côté et réciproquement.

Yopi Précision implacable. C’est un peu dommage. (Silence). A qui ai-je l’honneur ?

Bobby : Bobby. J. Bob, reporter chien, pour vous servir. Et vous ?

Yopi : Yopi la Bourboule mais vous pouvez m’appeler Yopi, psychanalyste en pension.

Bobby : Psyka quoi ?

Yopi : Psychanalysteuh.

Bobby : Et c’est quoi, psychanalysteuh ?

Yopi : Quand les gens se trouvent seuls avec moi, ils parlent et ils me font faire la visite de leurs intimes profondeurs.

Bobby : (sceptique) Et ça ressemble à quoi ?

Yopi : A la mélodie hongroise de Schubert.

Bobby : ? Oui ?

Yopi : Ou a une grosse dame suant sa vie dans un désordre bruyant. Ou à un homme qui se nettoie du majeur avec l’ongle du pouce.

Bobby :  Et t’es payé pour ça ?

Yopi : Jamais ! Grand dieu !

Bobby : Ah, c’est gratuit.

Yopi : Parfaitement gratuit.

Bobby : Faudra que j’essaye un jour.

Yopi : Mais t’es un chien toi, tu n’as pas besoin de ce genre de truc.

Bobby : D’abord, mon vieux Yopi -tu permets que je t’appelle mon vieux Yopi- on n’est jamais à l’abri d’une trace d’humanité, ensuite, en tant que reporter-chien, je dois à mes lecteurs la nouveauté, l’audace, je dois tout tenter.

Yopi : Alors tope là mon vieux, mon vieux comment déjà ?

Bobby : On m’appelle Bobby. Bobby .J. Bob.

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Bobby.J.Bob au Bassin de l’Arsenal
Pfllt, pfflt, ici Bobby.J.Bob, en direct  de l’embouchure du canal Saint Martin. Jusqu’ici tout va bien. Le canal
s’engouffre bien sous la place, comme prévu, comme d’habitude, pas de bouleversement.  C’est peut-être le seul endroit de Paris où l’on peut légitimement parler d’une bouche de métro. Le quai de la ligne 1 forme véritablement une bouche qui avale ou dégueule le canal –on ne saura jamais, c’est le problème de l’eau stagnante.  Je suis rassuré. Il est une heure du matin, le parc est fermé, le canal est sage, je poursuis la visite. Il y a une odeur pénible. A vue de nez, c’est l’odeur d’une baraque à frite minable. Je l’imagine au bord d’une piscine publique, dans les années 1980, avec des néons fluo bleus et verts. Après un examen minutieux des lieux (j’ai levé les yeux !) j’aperçois le coupable.  Un genre de buvette de luxe. Je ne m’étais pas trompé. Bien. Que voit-on ? Il y a un petit jardin coquet, des fleurs fatiguées, des treilles étriquées, tout cela donne l’étrange impression d’une ébauche de Versailles miniature.

Au dessus de l’arsenal, une passerelle bleue, d’un bleu improbable. On est saisi par sa puissance et sa légèreté métallique. Qu’elle est belle ! Une aussi belle passerelle,  ça n’est pas seulement un objet qui traverse, un objet qui surplombe, un moyen de passer d’une rive à l’autre. C’est une pure beauté, un objet d’art. On peut y monter par un petit escalier lové, de chaque côté du canal. Au pied de ses escaliers en colimaçon, l’atmosphère est assez inquiétante. Si je n’étais pas un chien, il est envisageable que j’y ressente comme un risque pour ma vertu. Par bonheur, je suis un chien. Il y a, au milieu du jardin de l’Arsenal, une aire de jeu destinée aux enfants maladroits. Il fut un temps où à la place des attractions modernes et sécurisées se tenait un splendide bateau pirate, aussi bleu que la passerelle et dont les mâts étaient reliés par des câbles en aciers. On pouvait se hisser jusqu’à la hune, terroriser qui sa mère, qui son père, qui sa nounou, et se brûler les mains sur ce métal frais qui a toujours une odeur d’enfance.

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Bobby .J. Bob à l’oisellerie du quai de la reine, près de Louvre-Rivoli

Yopi la Bourboule : Alors c’est là que tu es né ?

Bobby : Je crois. Enfin, je suis peut-être né dans une boite en carton perchée sur un carton mais mes premiers souvenirs sont ici.

Yopi : C’est bruyant.

Bobby : C’est infernal, pas moyen de boire un café en terrasse.

Yopi  (intéressé) : Tu bois souvent tes cafés en terrasse ?

Bobby : Non, je disais ça comme ça, pour le principe.

Yopi : Bon, on se disperse. Tu vas commencer. Parle moi de ton enfance, commence donc par tes parents.

Bobby : Tu as connus tes parents, toi ?

Yopi : Non, je disais ça pour le principe. En quelque sorte. L’habitude quoi…

Bobby : Tu as l’habitude de…

Yopi : Stop ! On reprend. Parle moi de ton enfance. C’est tout, c’est simple et c’est comme ça qu’on doit faire.

Bobby : Bon alors voilà, j’étais dans un box en verre, tout seul, alors que d’autres étaient à plusieurs. Derrière la vitre, il y avait un défilé permanent de visages. Je voyais souvent le visage des adultes se décomposer en voyant mon prix. J’étais cher. Une question de pelage ou de forme de la queue, va-t-en savoir, alors qu’à vue de nez, je suis un batard de batard. Bref, une fois par jour, une dame venait me curer les oreilles, la nourriture était médiocre et rationnée pour qu’on ait la ligne, et il y avait dans le magasin deux superbes perroquets, des aras bleus. Ils avaient une pièce entière pour eux tout seul, fermée et pour la garder pour eux, ils prenaient des airs patibulaires et ils aboyaient plus fort que moi dès que quelqu’un entrait dans cette pièce. Mais ces horribles bêtes me semblaient indéniblement supérieurs.

Yopi ronfle.

Bobby : Eh, Yopi, c’est compris dans la psyka je sais pas quoi que tu pionces pendant que je parle ?

Yopi : Aïe, erreur de débutant. La quesiton, ce n’est pas pourquoi je dors mais pourquoi tu endors ton psychanalyste.

Bobby : Ah oui ?

Yopi : Ehhhh oui.

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